Etude FOCUS Ce que les parents craignent des Ecrans…et ce que rEvElent leurs pratiques
Parentalités numériques en France : le phénomène de la technoférence dans le cadre fami
Le 22 juin 2026, Bayard Jeunesse et l’Observatoire Santé PRO BTP ont rendu publics les premiers résultats de l’étude FOCUS* : première étude française à examiner conjointement, sur l’ensemble de la période 0 à 18 ans, les peurs parentales liées au numérique et les pratiques réelles des familles, avec comme point de départ le phénomène de “technoférence” (terme qui décrit la façon dont les échanges au sein de la famille peuvent être perturbés par l’usage des outils numériques - par exemple lorsque le parent utilise son smartphone pendant les interactions avec son enfant).
Dans cette approche inédite, ce n’est pas le temps total passé devant les écrans qui est mesuré, mais bien la place du numérique au sein de la famille : à quel point les écrans s’invitent dans les interactions entre parents et enfants, et influencent leur qualité.
La m.thodologie
Conçue et réalisée en collaboration avec trois .quipes de chercheurs universitaires — Marie Danet (Universit. de Lille, PSITEC), S.verine Erhel (LP3C, Rennes 2) et Corentin Gonthier (LPPL, Nantes Universit. / Institut Universitaire de France) — cette étude est indépendante de tout financement issu de l’industrie numérique. Sa méthodologie a été approuvée par le comité d’éthique et d’intégrité scientifique de Nantes Université, et l’étude a débuté après plus d’un an de conception. Diffusée d’octobre 2024 . janvier 2026, la première vague de l’étude intègre 980 parents d’enfants âgés de 2 mois à 17 ans et demi. Le dispositif de l’étude est conçu pour permettre un suivi longitudinal des familles à travers le temps : c’est la première fois que la technoférence est examinée de cette façon.
L’étude FOCUS s’inscrit dans une démarche engagée par Bayard Jeunesse dès octobre 2024 avec le lancement de Croc’écran — programme ludique et déculpabilisant destiné à sensibiliser toute la famille à la technoférence et à l’aider à retrouver du temps de qualité ensemble. Après avoir proposé des outils concrets accessibles à tous ainsi qu’un parcours pédagogique destiné aux enseignants (en partenariat avec l’AGEEM, le CLEMI et le réseau Canopé), Bayard Jeunesse franchit une nouvelle étape pour accompagner les familles en participant à la production de données scientifiques nécessaires à un accompagnement fondé sur les réalités vécues. Les aspects techniques de la collecte de données en ligne ont pu se faire en partenariat avec l’Observatoire Santé PRO BTP.
LES PRINCIPALES CONCLUSIONS À RETENIR DE CETTE ÉTUDE
1. La technoférence : une dimension méconnue de la parentalité numérique
Le résultat le plus marquant de l’étude concerne la technoférence — ce phénomène par lequel les parents, en consultant leur téléphone ou en regardant la télévision en présence de leur enfant, réduisent leur disponibilité cognitive et émotionnelle et appauvrissent la qualité des échanges.
L’étude FOCUS montre que la technoférence est maximale durant la petite enfance : environ 55% des parents d’enfants de moins de 5 ans présentent un niveau élevé de technoférence. C’est pourtant précisément la période où elle est la plus préjudiciable : de nombreux travaux internationaux établissent un lien entre la technoférence précoce et des compétences langagières, cognitives et sociales plus faibles chez l’enfant.
Pourtant, les parents rapportent des craintes très élevées vis-à-vis des risques du numérique pour leur enfant, et c’est encore plus le cas des parents de jeunes enfants - dont 68% sont trés inquiets des effets du numérique sur le développement, les apprentissages, ou encore le risque perçu de troubles neurodéveloppementaux pour leur enfant.
Ce paradoxe central de l’étude révèle un décalage majeur entre ce que les parents redoutent et ce qu’ils font réellement.
2. Les parents per.oivent les risques du numÉrique comme ÉlevÉs — mais leurs craintes sont souvent mal ORIENTÉES
Les principales craintes des parents portent sur l’exposition à des contenus inappropriés (4,18/5), les effets sur le développement de l’enfant (3,92/5), le cyberharcèlement (3,77/5), les troubles du sommeil (3,48/5), les problèmes de vue (3,38/5) — des risques globalement bien documentés par la science.
En revanche, les parents manifestent des craintes modérément élevées même pour des risques nettement moins présents, comme la crainte que les écrans interfèrent avec le développement du langage (2,56/5), de la communication (2,76/5), ou des apprentissages scolaires (3,34/5). Quant à la crainte que les écrans provoquent l’autisme, très relayée dans les médias alors même qu’elle est contredite par la science, elle est de loin la plus faible de l’échantillon (1,67/5).
Ces craintes sont plus intenses chez les parents de jeunes enfants (0-5 ans), avant de s’atténuer légèrement avec l’expérience du quotidien (score de 4/5 entre 0 et 5 ans, puis baisse à 3,25/5 après 5 ans). À l’inverse, l’inquiétude vis-à-vis des usages concrets de leur propre enfant — temps passé, contenus regardés — augmente régulièrement jusqu’à l’adolescence, dans le contexte de l’accroissement de l’autonomie numérique de l’enfant.
3. Les parents encadrent beaucoup — mais la mÉdiation active, la plus efficace, reste insuffisante.
La quasi-totalité des parents (~90%) exercent un contrôle strict sur les usages numériques de leurs enfants :
Contrôle des contenus (4,41/5)
Contrôle de l’accès (4,37/5)
Fixation d’un temps maximum (4,16/5)
Ce contrôle est maximal autour de 5 ans, puis s’allège progressivement à mesure que l’enfant gagne en autonomie.
En revanche, la médiation active — discuter avec son enfant de ce qu’il regarde, répondre à ses questions, partager ses usages — reste peu pratiquée, en particulier pour les plus jeunes. Or c’est précisément cette approche dialoguée qui est associée à de meilleurs indicateurs de développement des compétences numériques et d’autonomie de l’enfant. Pour les tout petits, le co-visionnage constitue également un levier particulièrement important, trop peu valorisé dans les recommandations actuelles.
4. L’Étude rÉvÈle que les inquiÉtudes parentales et les pratiques rÉelles sont largement dÉconnectÉes.
On pourrait s’attendre à ce que les parents les plus inquiets soient aussi les plus protecteurs, mais c’est l’inverse qui s’observe : 70 % des parents préoccupés ou très préoccupés par les effets du numérique déclarent utiliser parfois les écrans pour occuper ou calmer leur enfant (contre 55 % des parents qui ne s’en inquiètent pas). Ces mêmes parents présentent par ailleurs les niveaux de technoférence les plus élevés. Ce résultat contre-intuitif traduit l’ambivalence de nombreuses familles face à un objet perçu à la fois comme une source de risques et comme une réponse pratique aux contraintes du quotidien. Il illustre surtout un manque d’information sur l’impact des comportements numériques des parents eux-mêmes — et désigne la technoférence comme une cible prioritaire pour l’éducation et l’accompagnement parental.
POUR EN SAVOIR PLUS :
Résultats complets de l’étude FOCUS : ici
Replay de la conférence de presse de restitution du 22 juin 2026 organisée par Bayard Jeunesse et l’Observatoire Santé PRO BTP : sur demande
Le programme Croc’écran et ses outils à destination des familles sont disponibles gratuitement sur crocecran.bayard-jeunesse.com
CONTACT PRESSE BAYARD JEUNESSE - Laurie Vicedo : 06 67 44 64 02 - laurie@petillantesdecom.com

